Beaucoup de clubs de cigares célèbrent l'expertise. Nous, nous célébrons l'amitié.
À chaque rendez-vous, il y a une règle simple : nous fumons tous le même cigare, choisi pour la soirée. Une vitole unique, sortie de la cave de Tim ou d'Émile — nos deux civettes messines —, qui devient ce soir-là notre langue commune.
Le rituel est immuable. À l'allumage, on goûte. Au premier tiers, on commente. Au second, on s'amuse. À la fin, on tranche. Chacun dit ce qu'il sent, sans pudeur ni jargon : les arômes, les surprises, les déceptions, les souvenirs qui remontent. Un même cigare, dix bouches, dix histoires. Personne n'a tort, personne n'a raison — chacun cherche ses mots, et c'est dans ce cherchement qu'on devient amis.
« Entre le foin et le divin,
entre le divin et le purin. »
Voilà le spectre dans lequel chacun place son verdict. Du sublime au franchement raté, en passant par l'honnête et le déconcertant. C'est notre échelle de Richter à nous — sans prétention, mais d'une franchise totale.
Chez Helix, on ne récite pas des fiches de dégustation. On partage un cigare, et on en sort un peu plus proches.